Werner Moron

Présentation de l'artiste :

Le biotope est cette zone naturelle et sauvage où vivent et se développent en équilibre stable une faune et une fore dépendantes des spécificités de cette zone. Werner Moron est lʼhomme des biotopes ; il a choisi cette notion pour fonder une pratique artistique ou l'art et la vie fusionnent. Depuis plus d'une une vingtaine d'années, se tenant toujours à la marge, mais toujours très impliqué dans le siècle, Werner Moron construit une œuvre radicale, polymorphe et rhizomique en ayant recours à limage du biotope. Pour cela, il choisit de mettre en scène des actes, des performances ou des événements qui impliquent la participation du spectateur, comme sujet et comme citoyen, dans ses affects comme dans ses pensées et ses engagements. Il sollicite un dialogue où équilibre, respect, dépendance et lien sont essentiels, comme dans tout biotope.

Lors d'événements ou de performances passés, W. M. a eu recours à des éléments hétéroclites présentés dans des contextes de monstration fort peu institutionnels pour la plupart. La nature des oeuvres l'exige : des oeuvres encombrantes de vingt-cinq mètres de long, des « déchets de peintures », des oeuvres qui prennent la forme de résidences sculptures (tunnels, tentes, wagons, chambres,...), des reliquats d'actions menées sur le mode de ce que W.M. nomme des « enfermements ». Tous ces éléments sont amenés à vivre en dehors d'un contexte de conservation classique, où exténuation, dépérissement, transformations et métamorphoses opèrent inéluctablement.

De là sont nées ce que W. M. a appelé des oeuvres- individus, car ces éléments dʼoeuvres, débordant des intentions initiales, évoluent d'une manière qu'il ne maîtrise pas, ou qu'il choisit de ne pas maîtriser. Ces oeuvres qui peuvent être qualifiées de « vivaces » — à l'instar des plantes qui fanent et resurgissent en dépit des aléas du temps et des saisons — ont fini par avoir une existence autonome et ont une tendance récurrente à divaguer dans des lieux et des temps diversifiés.

Dans ce cycle de transformations et de métamorphoses, les gestations organiques ajoutent à la métaphore du cycle de vie qui étaye l'ensemble de la démarche de W. M. et que nous retrouvons sur les sites de Blegny-Mine et de Saint-Nicolas.

Catherine Legallais

Les galeries photos de Blegny-Mine

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