4. L'arbre à cabane... un hôtel de charme.

C'est une invitation... « Tu peux dormir ici, si tu veux ». Les arbres nous invitent parfois... une anfractuosité opportune, un tronc couché en travers d'un fossé dont les branches suggèrent une charpente efficace, un tapis de mousse sous une charmille naturelle invite a demeurer dans cet hôtel de charme, comme l'arbre du même nom. Ici, en l'occurrence un bouquet d'érables disposés en carré de quatre solides piliers et enveloppés d'un treillis de lierre.

Le gros œuvre est fait, il n'y à plus qu'à parachever l'édifice. La cabane offrira bientôt un berceau, une cachette, un refuge, un fortin, un royaume de l'enfance qui se projette dans cet écrin végétal, retrouvant l'instinct de l'enfant sauvage, de l'homme des bois jugeant qu'il peut survivre ici à la nuit et à ses dangers et même s'installer ici un moment à la lisière de l'humanité... le temps d'un été.

On se découvre alors bâtisseur et on se surprend même à rétablir un « certain confort bourgeois », à vouloir meubler l'espace, à l'investir durablement. Une table et des sièges en rondins, un lit de feuilles mortes feront l'affaire. Au pied de l'arbre on ne manquera pas d'établir une « cachette » sans quoi il n'y a pas de cabane qui se respecte.... et puis d'y installer un garde manger et pourquoi pas une bibliothèque avec des bouquins de Jules Verne, avec L'Île aux trésors de Stevenson ou avec Le Baron perché d'Italo Calvino. Dans ce roman qui se passe au XVIIIème siècle, Côme le héros, décide lors d'une dispute familiale de vivre désormais le restant de sa vie dans les arbres et de ne plus jamais poser les pieds sur le sol, au point – sa fin venue après de nombreuses aventures – de saisir la corde d'une montgolfière pour s'en aller vers l'infinité des cieux...

Autre chose que ces cabanes préfabriquées en bois suédois repeintes aux couleurs vives... La vraie cabane, c'est celle qu'on (se) construit.

François Sikivie

 

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