5. L'arbre à musique - Werner Moron, « Soufflez », 2013

Dans le biotope de Blegny-Mine, Werner Moron a choisi la forme classique d'une sculpture, non pas érigée, monolithique ou pérenne comme l'étaient les sculptures avant les grands chambardements dans l'art du XXe, mais une sculpture de bois, horizontale, étirée sur la pente douce d'un talus tapissé de lierre.
« Soufflez » est un long et fin tronc d'arbre, peint de rouge, une couleur qui n'appartient pas à l'arbre, très culturelle donc. Ce tronc est percé de trous comme le serait une flûte à bec ; des plantes rejaillissent des cavités comme des coulées de sève plus fortes que la destruction de l'arbre : la nature reprend sa place, et cette sculpture est encore une « vivace » organique en quelque sorte. Les transformations, les pourrissements et les régénérations font de cette sculpture une oeuvre propice à la réflexion sur le passage du temps, la méditation sur la vie et la nécessité de l'action.
Car « Soufflez » peut signifier « respirez », « prenez le temps de la réflexion » ou aussi « insufflez de l'énergie ». Cette œuvre aurait pu s'intituler « Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui... », comme dans le poème de Stéphane Mallarmé, publié en 1887: la nature vierge, la force de vie qui en ressurgit et nous intime de jouir du moment présent.

Catherine Legallais

 

Un arbre c'est sérieux. À priori c'est silencieux. Sa longévité et la noblesse de son port lui confèrent une certaine sagesse qu'on attribue à ceux qui « se taisent mais n'en pensent pas moins... » 

Parfois, le vent mugit à travers la forêt...les branches craquent et ils donnent l'impression que leur colère pourrait être redoutable...mais ils ne chantent pas. Les oiseaux chantent et ça ils ne peuvent pas les en empêcher. Au contraire certains les attirent...comme ce bouquet de joyeux sureaux qui chantent sous le vent.

Les sureaux chantent. Ils font chanter les oiseaux, friands de leurs fruits. Ils font chanter les enfants qui aiment les confitures, ils font chanter les bouilloires pour infuser les fleurs et les chanteurs d'opéra qui éclaircissent leur voix avec du sirop de sureau.

Et le bois ? En fait on des violons, des contrebasses, des hautbois, des pianos ? Non ça c'est de la musique « sérieuse », le bois on en fait rien... « sauf naturellement des flûtes » comme chantait Brassens. 

François Sikivie

 

Écoutez François Sikivie :

 

 



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